L’oubli ou l’effacement ?

Mai 11, 2021

Belle mise en abîme. Une auteure réputée, en fin de vie, perd la mémoire. Donc la capacité de se projeter, d’écrire. Sa petite fille ne se résout pas à laisser partir sa grand-mère dans l’indifférence. Elle veut croire, que jusqu’au bout, les morceaux de la mémoire pourront subsister et constituer un livre. Le livre, comme l’être humain, disparaît-il avec le temps? Est-ce un amer inespéré face à un dénouement inéluctable? Comment accepter la fin de quelqu’un ou de quelque chose? « Journal de l’oubli » de Silvia Härri n’y répond pas, évidemment. Mais le problème est habilement et dramatiquement posé.

Quand la mémoire s’efface, que reste-t-il de l’écrivain?

par Vincent Aubert