À propos 

L'association de la Compagnie des mots

L'association de la Compagnie des mots

La Compagnie des mots est une association à but non lucratif qui organise le premier mardi du mois, autour de la littérature romande, une rencontre placée sous le signe de la convivialité et de l’échange, ponctuée de quelques surprises. Elle permet ainsi à des écrivains romands de se confronter à un public passionné d’écriture, de lecture et d’art en général. Un membre du Comité dirige le dialogue avec l’auteur ou l’autrice, lit des passages et engage la conversation avec le public.

Les prochaines soirées littéraires de la Compagnie des mots se dérouleront au café Cactus (au numéro 36 de la rue Ancienne à Carouge).  Le public est accueilli à partir de 18h15. La soirée, qui débute à 18h30, dure une heure et demie, et se prolonge dans la convivialité autour d’un verre.

Les dédicaces des livres par les auteurs invités sont possibles : La Librairie Atmosphère  met à la disposition du public un choix de livres.

La Compagnie des mots a invité à ce jour plus de 200 écrivaines et écrivains!

Historique de la Cie en quatre lieux

Denise Martin

Denise Martin

Fondatrice de la Cie en 2005, Hervé Choiseul président de 2005 à 2008, puis Étienne Francey de 2008 à 2011.

Au Bonheur des mots : un cocon de partages

Séduite enfant par la lecture des romans de Madame de Staël, puis par les ouvrages d’auteurs romands que maman achetait chez son libraire yverdonnois, j’ai très tôt attrapé le virus de la fréquentation quotidienne des livres et de leurs notes de lecture. Chargée de communication dans ma vie professionnelle et animatrice d’ateliers d’écriture dans mes temps de loisirs, j’ai eu tout naturellement l’occasion de devenir proche d’amis écrivains. C’est pourquoi, à l’aube de la retraite, j’eus l’idée et l’envie de créer une association pour favoriser la promotion de la littérature romande. Son nom « La Compagnie des mots » me vint spontanément. Avec la complicité de quelques amis, les statuts de l’association furent adoptés le 5 août 2005. J’avais déjà pu louer une arcade à l’ancienne à la rue Vautier à Carouge. Meublée comme un salon, elle était prête pour y accueillir un écrivain romand, trois dimanches par mois, à 17 h.  À la fin du mois d’août, quel plaisir de recevoir Metin Arditi, le premier écrivain invité. Il lut des extraits de sa fiction qui venait de paraître Dernière Lettre à Théo, en nous confiant sa passion pour Van Gogh. Je garde le souvenir ému de nos têtes penchées à l’écouter, autour de la grande table en bois verni, dans la lumière de cette fin d’après-midi d’été. Ô doux dimanches, dans ce cocon vibrant de lectures, de partages, d’émotions. Car au-dessus de la porte de la petite arcade, l’enseigne dorée Au Bonheur des mots invitait toutes et tous à la fête de l’écriture.

Aujourd’hui, 20 ans plus tard, je suis fière et heureuse que la mise en valeur de la littérature romande soit toujours au rendez-vous, grâce à l’engagement au sein de la Compagnie des mots, de nombreuses personnalités créatrices et combien généreuses.

Serge Bimpage

Serge Bimpage

Président de la Cie de 2011 à 2014

La Mère royaume : Un salon littéraire

L’histoire retiendra Denise Martin. Sans elle, pas de Compagnie des mots. Quelle passeuse ! Quelle lumière de partage dans ses yeux quand elle m’invitait. D’abord, comme écrivain. Puis à lui succéder, lasse d’un hebdomadaire dévouement pour une cause qu’elle refusait de voir faiblir : celle des autrices et auteurs romands.

Je caressais justement l’idée d’un salon littéraire. Par ailleurs, il se trouvait avec moi quelques amoureux de l’écriture pour déplorer, sans larmoyer, le peu de place dévolu à nos écrivains dans nos médias. J’acceptai donc sans hésiter. Sans me douter de l’ampleur de la tâche, ni du bonheur à présider si noble Compagnie.

Nous partîmes donc forts de quelques auditeurs. Mais, par un prompt renfort du comité, nous nous vîmes nombreux en arrivant au port. Lectures, présentations, intermèdes musicaux, rien ne fut négligé pour une mise en bouche digne de nos hôtes de marque.

Alors, quel régal au restaurant de la Mère Royaume ! Plus que nous les recevions, les maîtres-queux du livre nous ouvrirent grand les portes de leur cuisine intime… conscients il est vrai de l’irreproductibilité de leurs recettes personnelles !

Ainsi, au fil de ces soirées mémorables, l’âme légère, enivrés d’échanges dépassant la littérature pour toucher à l’homme, ressortions-nous lyriques comme ces mots. Et déjà, nous réjouissant du menu de la tablée suivante, nous savions, quel que fût notre condition du moment, que nous n’étions plus seuls.

Doina Bunaciu

Doina Bunaciu

Présidente de 2014 à 2023

L’Auberge du Cheval blanc : Ouverture et diversité

Depuis que je m’en souvienne, j’ai été entourée de livres. Des livres en français, en roumain, en anglais, en russe. Dans la bibliothèque de mon père il y avait des livres d’histoire, de droit et de littérature. Je n’ai pas vu de livres pour enfants à cette époque. Ensuite, je me suis plongée dans des livres de physique et de mathématiques. Et maintenant, tard dans la vie, enfin, la littérature. 

Quand on m’a proposé de devenir présidente de la Compagnie des mots, l’association avait déjà presque dix ans, avait son public, sa place dans le paysage culturel de Genève. Nous l’avons déplacée à Carouge, au Box situé au sous-sol de l’Auberge du Cheval blanc. Grâce à mon expérience dans la gestion des entreprises, il m’a semblé que le seul axe de développement était d’aller vers un public encore plus large. Et pour cela il fallait qu’il y ait une gestion collective, plusieurs personnes, plusieurs sensibilités, plusieurs goûts littéraires. Chaque membre du comité a sa voix, sa vision, son interprétation. Je ne voulais pas être la seule cheffe, la seule qui choisit les auteurs et anime les soirées. Il fallait de la diversité et pour cela, j’ai proposé premièrement que les membres du comité prennent en charge, à tour de rôle, l’animation des soirées. Deuxièmement, il fallait trouver des nouveaux membres. Cela s’est fait graduellement, en prenant soin que l’ensemble fonctionne, tout en acceptant des avis divergents.

Ce rôle m’a apporté la joie de travailler dans une équipe très colorée, l’excitation de nouveaux défis à relever et la satisfaction exprimée par notre public. 

C’est pour toutes ces raisons que je suis restée si longtemps présidente, neuf ans!

Corine Renevey

Corine Renevey

Présidente depuis 2024

Café Cactus : Nouvel essor

Quand je quittai la Suisse our le Canada, la matu en poche, j’emportai dans mes bagages une guitare et dans ma tête, des livres qui parlaient de ma région, notamment Chessex trop sulfureux pour être un auteur au programme, mais croisé maintes fois sur les rayons de la bibliothèque de la Cité et dans les rues de la ville, et qu’un jour, gymnasiennes, nous avions abordé à l’Ancien Évêché pour lui soutirer un autographe. Il fut à la fois un fil rouge dans mes lectures et le prétexte d’un attachement à mon père qui enregistra ses passages à la radio et m’abonna au « samedi littéraire » de la Gazette de Lausanne et Journal de Genève qui meparvint outre-atlantique fidèlement. C’est ainsi que je gardai un lien fort — et littéraire — avec mon pays. Ces lectures avaient fabriqué à mon insu un continent imaginaire qui préarait peu à peu mon retour.

À Toronto, j’ai rencontré un expatrié normand, féru de littérature francophone, Alain Baudot. Je fus engagée dans sa maison d’éditions et groupe de recherches en études francophones, le GREF, qui recevait nombre d’écrivains envoyés par Pro Helvetia, si bien que le manoir de Glendon devint l’une des étapes obligées des autrices et auteurs romands en vadrouille sur le continent nord-américain. Vous l’aurez compris, quand je découvris enfin la Compagnie des mots, de ce côté-ci de l’Océan, dans le sous-sol de l’Auberge du Cheval blanc où une joyeuse bande de compagnons, écrivains, musiciens, comédiens et éditeurs, œuvraient à la promotion de la littérature romande, je reconnus la trace unique de ces lectures et rencontres que ni le temps ni l’espace n’avaient pu effacer. Aujourd’hui, au cœur de Carouge, le long de la ligne du tram qui mène au Rondeau, le cocon conçu par Denise Martin, devenu Salon littéraire avec Serge Bimpage, puis société résistante et engagée avec Doina Bunaciu, poursuit sa mue dans la continuité au café Cactus (anciennement Arômes et Saveurs) en soufflant ses 20 bougies.