Archives de la surprise de Vincent Aubert

Corinne Desarzens – Un Roi, Grasset
5 novembre 2013
Le sermon

Corinne Desarzens

C’est en écoutant le sermon de Bernard Haller que j’ai mieux compris ceux de mon père, pasteur de son état. Et à force de faire le pasteur, je ne sais plus qui j’imite, de Aubert ou de Haller !

Chers frères et sœurs en Christ, avant que de commencer ce Mardi non gras d’avant l’Avent, je tenais à vous rappeler que la table qui se trouve à l’entrée de notre temple, si charmant lorsque vous en occupez tous les bancs, est toujours à votre disposition. Cette table permet de recueillir les livres d’auteurs romands dont vous désirez vous débarrasser. Aujourd’hui elle accueille des livres de notre sœur Corinne Desarzens, mais elle a déjà reçu ceux de Jacques Roman, d’Alain Bagnoud, d’Antonin Moeri, Nathalie Chaix, Pascal Kramer, et même ceux de Pierre Béguin et de Serge Bimpage. Ces livres, grâce à la conférence inter-synodale, le DFAE et le Département de la culture et des sport de Sami Kanaan, seront envoyés en Afrique pour que nos frères de couleur puissent apprendre le français à moindre frais. Mais cette collecte des livres romands renferme une double action. En plus de permettre l’apprentissage d’une langue autrefois coloniale et porteuse du message du Christ rédempteur, une fois le petit nègre adulte, se souvenant de ses lectures, il aura moins envie de risquer sa vie en traversant le désert et la méditerranée pour venir chez nous.

 

Nous lisons maintenant dans les écritures, dans le Premier Testament, au livre des Rois, tome I, chapitre 2, alinéa 43 : «  Il coupa deux tomates en très petits morceaux et trois oignons en gros morceaux, puis écrasa de son pouce une belle gousse d’ail. »  
Puis dans le Livre des Lamentations de Corinne, www.desarzens/grasset-com : « Non, le sel de la vie n’est pas le même pour tout le monde ! »  
Et enfin, dans l’Evangile selon Grasset, chapitre XVII, ISBN 978-2—246-78485-2, « Passer avec une aisance totale d’un registre à l’autre. »

« Le registre, le sel et la gousse d’ail ».  
Si le sel de la terre a des registres différents pour l’homme, est-ce que la gousse pourra enregistrer le « aie ! » que crie l’homme dont on sale les blessures ? Si le sel abyssin sale, dans quel sale registre s’exprimera la gousse qui n’est pas salée du même sel enregistré qui vaut que l’ail des aulx est le pluriel de nos mots ! Nos mots sont des maux pleins de « aie » que la terre salée de la gousse n’enregistre plus. En d’autres termes, et pour reprendre une image qui nous est chère, est-ce que la tête de nègre est au papet vaudois, ce que le Négus est à la crêpe ? Est-ce que si vous rajouter de l’ail à la saucisse, le Négus perd la tête et le Nègre son latin ?  
Le registre, le sel et la gousse d’ail, un menu de roi pour qui celui qui croit !  
Que ces réflexions nourrissent notre quotidien ! Et n’oubliez pas que si le Négus meurt, la littérature à jamais demeure.  
Amen.